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Magnifica humanitas

  • 27 mai
  • 2 min de lecture

Je referme (sur ma tablette 😉) la dernière encyclique papale avec un mélange d’intérêt, d’interrogation… et une certaine frustration.


Les questions posées sont importantes : Comment protéger l’humain face à l’IA ? Qu’est-ce qui doit rester humain ? Comment empêcher que ces technologies servent le pouvoir de quelques-uns ?


Mais je me surprends malgré tout à attendre encore autre chose.


Car ces questions supposent déjà que nous sachions ce qu’est l’humain.


Or l’IA ne vient peut-être pas seulement bouleverser nos outils. Elle vient aussi ébranler certaines idées que nous avons de nous-mêmes — des idées auxquelles nous tenons sans même savoir à quel point nous en dépendons.


Pendant longtemps, nous avons identifié l’humain à certaines capacités : raisonner, créer, écrire, transmettre, produire du savoir.


Et si l’IA révélait surtout que nous avons progressivement réduit l’homme à certaines de ses fonctions ?


Cette réduction n’est peut-être pas seulement une erreur. Elle nous sert aussi d’échafaudage.


Et un échafaudage retiré, c’est une expérience de vertige.


J’ai été sensible, dans l’encyclique, à l’insistance sur la dignité humaine et sur le refus de réduire l’homme à ce qu’il produit.


Mais je me surprends à attendre aussi une question théologique plus risquée.


Pas seulement : « Que faut-il protéger chez l’homme ? » Mais peut-être aussi : « Que révèle cette révolution de notre manière de comprendre l’homme ? »


Car si l’être humain est créé à l’image de Dieu, cette image ne réside peut-être pas d’abord dans une performance — intellectuelle, créative ou même relationnelle.


Peut-être réside-t-elle d’abord dans quelque chose de reçu avant toute capacité. Dans le fait d’être appelé avant d’agir. Aimé avant de produire. Reconnu avant de réussir.


Alors peut-être que l’IA ne provoque pas seulement une crise de l’intelligence. Peut-être provoque-t-elle une crise de l’image que nous nous faisons de nous-mêmes.


De ça il ne parle pas...


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