Voulez-vous encore du pain ? (Jn 6, 35-40)
- il y a 4 jours
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Depuis ce lundi, avec le chapitre 6 de saint Jean, nous sommes entrés dans le discours de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. Il y est question de pain.
Au fil des jours, nous passons doucement de la recherche du pain que l'on mange à la rencontre de Celui qui se donne comme pain. Mais peu à peu, le texte devient déroutant. Il nous « déplace ». Jusqu’à ces paroles radicales : « Moi, je suis le pain vivant, si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour la vie du monde », que nous entendrons demain (Jn 6, 51).
Je vais m’arrêter sur ces mots tirés du passage du jour (Jn 6, 35) :
« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif »
« Je suis le pain de la vie »
Jésus ne dit pas qu’il est le pain qui nourrit. Il ne vient pas répondre à ce besoin.
Il se présente comme le pain de la vie - de la vie même de Dieu. Il se place à l’endroit même de notre manque. Il touche à ce lieu en nous qui cherche à vivre pleinement, à ce désir profond que rien ne suffit à combler.
« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim »
Venir, c’est se laisser attirer. C’est plus qu’un simple mouvement, c’est consentir à se laisser déplacer par Dieu.
Jésus dit « n’aura jamais faim » et pas « n’aura plus jamais faim ». Cela ne signifie pas que la faim disparaîtra : il la rend impossible à combler ailleurs.
« Celui qui croit en moi n’aura jamais soif »
Croire, ce n’est pas seulement comprendre ou adhérer, c’est consentir à ce qui nous échappe, consentir à habiter cette relation et y demeurer.
Le « manque » n’est plus alors un vide à remplir mais devient un passage où quelque chose peut advenir.
« Telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés» (Jn 6, 39).
Rien n’est perdu parce que tout — même ce qui semble manqué, abîmé, éloigné — peut être repris, relevé et conduit à la vie dans cette relation.
Et l’Eucharistie apparaît alors autrement. Elle nous expose à la fidélité de Dieu. Elle engage. Elle nous tient dans cette relation où plus on lâche prise, plus on y consent, plus elle devient vraie pour nous.
N’est-ce pas cela entrer dans la vie éternelle ?




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