Sublimer la violence
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Un musée comme beaucoup d’autres.
Soudain, l’espace se ferme.
Un mur blanc.
On entre presque sans le savoir.
Et devant nous, la déchirure du monde.
Les voix tombent.
Les pas ralentissent.
Les visiteurs s’arrêtent.
Des inconnus deviennent compagnons.
Personne ne parle et pourtant tout crie.
Les corps peints se tordent,
les bêtes hurlent,
le feu traverse le noir et le blanc.
Quelque chose se passe, imperceptiblement.
Chacun porte ses morts, ses pertes, ses absences,
et pourtant, pour un instant,
nous sommes là, silencieux,
ensemble devant la même douleur.
On sort en vacillant.
Puis on revient.
Pour vérifier que ce moment n’a pas été rêvé,
que nous sommes toujours capables d’être touchés,
que nous sommes toujours humains.
En sortant, une image reste.
Pas celle du tableau que l’on connaît trop bien,
mais celle des silhouettes debout,
immobiles devant lui.
Des vivants d’aujourd’hui, arrêtés par la souffrance des vivants d’hier.
Et l’on comprend doucement
que la beauté d’un tableau ne sauve pas le monde,
mais qu’elle sauve en nous
ce qui refuse l'indifférence.
(La Licorne, 15 février 2026)



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